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 Jubilee's Lullaby For Troubled Children

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Jubilee F. Drayton
Violence && Vengeance

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Nombre de messages : 355
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Philosophy : « I'm a killer, it can't be otherwise. »
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MessageSujet: Jubilee's Lullaby For Troubled Children   Jeu 12 Fév - 13:23




    J’aime parler de moi. J’aime que les gens connaissent mon histoire autant que j’aime connaître la leur. Mais je ne vais pas vous mentir : je n’ai qu’un seul souvenir de ma vie humaine. De l’obscurité sort une ombre qui m’enveloppe et me parle d’une voix suave alors qu’une vague douleur envahit ma gorge. Puis je touche le sol et derrière le voile qui brouille ma vue un homme que je connais s’approche et me prend dans ses bras. Je ne vois plus alors que la ville qui défile et je pense à ma fille, mon enfant qui va grandir sans sa mère. À partir de ce moment, les choses me semblaient de plus en plus claires : je sentais la vie s’échapper de moi et pourtant je ne mourais pas. Une douce brûlure entourait ma blessure, puis s’intensifiait lentement mais sûrement. Je ne pus faire autrement que de pousser un cri tout en me tordant faiblement pour calmer la douleur. Les bras de l’homme, mon frère je crois, Elwin qu’il s’appelait, resserraient leur prise sur moi, espérant peut-être que ça m’aiderait. Mais la brûlure grandissait, s’étendait dans ma poitrine, faisait bouillonner mon sang dans tout mon corps. Je tentais de pleurer, mais mes larmes n’étaient que des cris d’agonie. Je sentis sur ma peau brûlante la douceur d’un lit, mais la douleur était telle que même cette texture rassurante ne pouvait me calmer. Je ne voyais plus le temps passer, j’avais l’impression que la souffrance durerait éternellement. Et enfin, lentement, mes pieds cessèrent d’élancer, puis mes mains, mes jambes, mes bras…L’intense brûlure quitta ma tête, me permettant un instant de réfléchir. Je croyais à cet instant que je mourais et j’étais presque soulagée à cette idée, parce que je ne souffrais plus. Les yeux fermés, j’écoutais mon cœur qui battait faiblement. Il s’éteignait. Je quitterais alors mon enveloppe corporelle pour rejoindre mon époux décédé quelques mois plus tôt. Ma fille aurait son oncle. Et ma cousine. Elle serait heureuse.


    Une dernière douleur violente effaça toutes mes pensées alors que mon cœur s’arrêtait brusquement. J’attendais patiemment la mort en silence, les dents serrées, les yeux fermés. J’imaginais déjà cette fameuse lumière blanche qui figurait dans toutes les histoires de décès. Je suivrais le tunnel sans hésiter, en laissant derrière moi une famille attristée qui se remettrait rapidement. Mes parents seraient soulagés d’apprendre ma mort : j’avais dû faire quelque chose d’horrible mais je sais qu’ils refusaient maintenant de me voir. Crispant mes doigts sur le couvre-lit, je me rendis enfin compte que je n’étais toujours pas sortie de mon corps. Je posais la question à Elwin et sursautais aussitôt : ma voix était belle. Ma voix n’avait plus une seule once de désespoir, plus rien d’une voix faible et malade. Chacune de mes paroles sonnait comme une note de musique. J’inspirai longuement en ouvrant les yeux et là…une odeur. Vous savez, le genre d’odeur qui oblige votre estomac à se tordre tellement cela semble délicieux. C’était doux et chaud, sur le coup je ne voyais qu’une merveilleuse tarte aux pommes, mais le parfum n’était pas celui de la pomme. L’effluve envahissait mon nez, ma bouche, tous mes sens étaient en alerte. Qu’est-ce qui sentait si bon ? Le plafond me semblait différent. Avait-on rafraîchit la peinture pendant mes souffrances ? Durant combien de temps étais-je restée ainsi à hurler ? Soudainement, la brûlure revînt me hanter, déchirant la chair de ma gorge, détruisant la moindre pensée rationnelle. La seconde suivante, mes dents s’enfonçaient dans la gorge de mon frère, aspirant le sang qui s’échappait de l’artère. J’avais trouvé la source de cette délicieuse odeur et le goût était encore meilleur. Le liquide descendait le long de ma gorge et atténuait la brûlure comme un onguent miraculeux. Bientôt, il n’y avait plus rien à boire et pourtant je cherchais encore. Mon instinct me conduisit dans la pièce d’à côté, où l’alléchant parfum était présent. Je vidais une femme, ma cousine, et rattrapai rapidement le bébé qu’elle tenait dans ses bras sans vie.

    La petite princesse pleurait, ses petites joues étaient teintées de rouge et ses petits poings étaient serrés sur sa robe de flanelle bleue. L’odeur…L’odeur du sang se faisait de plus en plus forte. Je voulais qu’elle cesse de pleurer, je voulais la consoler, mais j’ignorais comment faire. Je la berçais lentement, puis embrassais son front alors que la saveur de sa peau me faisait perdre la tête. Quelques minutes plus tard, je déposais dans son berceau un bébé silencieux et pâle et posais ma main blanche sur une bague sur l’oreiller, que je glissais à mon doigt. À cet instant vous savez, j’avais la nette impression d’être un monstre. Du sang frais tachait ma robe, mes mains, mon visage…Devant le miroir, je caressais mon nouveau visage, essuyais vaguement le sang qui s’étendait, je jouais dans mes cheveux ondulés, je touchais mes lèvres rouges…J’étais belle. Belle et dangereuse. Je tentais de pleurer mais je n’arrivais qu’à sangloter théâtralement sans la moindre larme. Je posais ma main ensanglantée contre le miroir appuyant délicatement chacun de mes doigts qui brisèrent la vitre. Je pris ma décision : partir. Le reste de ce souvenir est plutôt flou. Je me souviens des rues de Bloomsbury, cette fois clairement, sans le voile de la vie humaine. Je me souviens de la vitesse avec laquelle j’ai quitté le quartier. Comment j’ai quitté Londres sans me retourner, du sang me tachant presque de la tête aux pieds. Le sang de gens que j’avais aimé.
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Jubilee F. Drayton
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MessageSujet: Re: Jubilee's Lullaby For Troubled Children   Jeu 12 Fév - 13:24




    Je ne savais pas ce que j’étais. J’ignorais ce qui m’était arrivé et je ne comprenais pas pourquoi j’avais une envie aussi irrésistible de boire du sang. Du sang humain. Pendant ma fuite, je me rappelle m’être arrêtée plusieurs fois pour attaquer des passants. J’avais une sorte de nausée incontrôlable qui m’assaillait chaque fois que les corps tombaient à mes pieds. Pendant plusieurs mois, je me nourrissais de clochards, de passants, d’adolescents sortis trop tard, tout ce qui passait. Je me cachais au fond des ruelles et vivais dans des endroits douteux, je dois l’avouer. Mais le goût du sang me faisait oublier les ruelles, la puanteur des bas-quartiers et la saleté qui recouvrait ma robe. J’avais envie d’une longue baignade, d’une confortable maison et de compagnie. Pour vaguement combler mon envie de compagnie, je réussi à calmer ma soif. Au lieu de foncer sur tout ce qui passait, je choisissais maintenant mes victimes, des hommes qui avaient envie de bon temps et ne se doutaient de rien lorsque je leur proposais mes services. Je profitais de leur étreinte et de leurs baisers passionnés avant de céder à mon instinct; je laissais leurs corps là où personne n’irait les chercher. Je ne savais toujours pas ce qui me poussait à agir ainsi. Je cherchais à comprendre et je croyais perdre la raison. Peut-être étais-je morte. Peut-être était-ce ça, l’enfer. J’étais profondément confuse et toujours à l’affût d’un peu plus de sang. Bientôt, je tuais jusqu’à ce que je sois d’avaler plus sans me forcer. Les gens s’inquiétaient, je me souviens d’un tout petit article sur un potentiel cas de tueur en série dans une gazette de la région. C’est à cette époque que je rencontrais Lyudmila, qui devint pour moi comme une mère au départ. Elle avait 212 ans et quand elle me demanda si je savais où j’étais et si j’étais en pleine possession de mes moyens, je n’étais arrivée qu’à grogner faiblement. Loin d’être impressionnée, elle m’avait ramené chez elle et m’avait présenté son compagnon de vie : Adrian. Ils vivaient heureux, se nourrissant régulièrement sans attirer l’attention de qui que ce soit. Grâce à eux, j’appris à me contrôler un peu. Assez pour ne plus tuer à l’excès. Lyudmila m’expliqua tout ce que je devais savoir de mon espèce. Je n’étais plus humaine. Je n’étais pas possédée. J’apprenais à être vampire.

    Je me souviens encore des premières semaines, lorsque Lyudmila sortait chasser et que de mon côté, Adrian me forçait à me contenir. En ce temps-là, je hurlais sauvagement jusqu’à ce que je sois assez calme pour me concentrer et raisonner. Ma mère me récompensait alors pour mon sang-froid (quelle ironie!) en me ramenant quelqu’un trouvé sur son chemin. Mes progrès furent rapides et en quelques mois, j’avais une façon raisonnable de penser à la nourriture. Je savais attendre l’heure de la chasse et je ne suivais que la piste qu’on m’indiquait. Enfin, la plupart du temps, parce que je tombais parfois sur un humain particulièrement goûteux qui laissait traîner son alléchant parfum jusqu’à mon nez sensible. Je revenais ensuite penaude vers mes instructeurs et m’excusait platement. Au fil du temps, je compris comment me raisonner, comment éviter d’agir comme un animal. Lyudmila m’autorisa donc à me pointer en ville, accompagnée d’Adrian, et lentement je pus même me balader dans les rues sans sauter à la gorge de qui que ce soit. Ce que ma mère n’avait pas prévu, c’est que le temps que je passais avec son compagnon me rapprochait de lui. Adrian était quelqu’un de très charmant. Il était cultivé, attentionné et romantique qui plus est. Je revois encore notre première vraie sortie. Il m’avait confié tout bas que son cœur d’homme devait encore battre quelque part au fond de son corps de pierre, parce qu’il avait parfois envie de faire des choses particulièrement humaines. C’est dans cette optique que nous étions allé passer près d’une heure dans un restaurant, avions commandé des repas que nous n’avions pas touché et il m’avait finalement conduit dans la ruelle où un apprenti cuistot était venu sortir les ordures. Un régal. « Mes compliments au chef », avait murmuré mon ami avec un sourire malicieux. À la maison, je me tenais bien. Je restais de mon côté, sans jamais montrer mon affection pour Adrian, et j’aidais Lyudmila dans les tâches : nous n’étions pas sujets aux changements mais la maison, si. Mais éventuellement, vous savez, les épouses découvrent toujours les cachoteries de leur mari. Un matin donc, pendant que Lyudmila chassait, je m’extasiais une énième fois devant la beauté de ma peau dans la lumière du soleil. Adrian était ravi de me voir aussi heureuse et m’avait rejoint dans mon rayon de soleil pour m’embrasser. Sa femme était revenue à ce moment précis. Je sentis toute sa force se déployer contre moi lorsqu’elle m’envoya au sol et ce n’est que grâce à mon…enfin…son compagnon que je suis toujours en vie. Elle m’ordonna de quitter sa demeure et de ne jamais revenir, sous peine d’être tuée cette fois sans le moindre regret. Adrian refusa de me suivre et décida de rester aux côtés de sa belle pour réparer les pots cassés. Quel idiot.


    À la minute où je quittai la maison, ma vie me sembla vide. Horriblement vide. Je n’avais plus de famille, plus de foyer, plus de copain…Plus rien mis à part l’éternité. Sans personne pour me ramener à l’ordre, je me sentais hors-contrôle et c’est pourquoi je quittai à cette époque l’Europe de l’Ouest pour éviter de faire parler les journaux, pour n’y revenir qu’en 1926. Ceci étant dit, n’étant qu’en 1914, je fuyais donc l’Europe de l’Ouest pour l’Est. En chemin, je m’arrêtai dans les boutiques les plus chics pour me trouver un nouveau look. Durant mon séjour chez Lyudmila et Adrian, j’avais eu l’occasion de me débarrasser de mes vieux habits pour revêtir des robes pratiques et confortables. Maintenant, j’avais envie d’un vêtement léger et attirant. Je vous épargne mes histoires de shopping, dans ces années-là « léger » n’existait pas et « attirant » n’était pas un mot approprié. Je me souviens encore du regard outré de la vendeuse lorsqu’au lieu de porter une jupe longue sous ma tunique abat-jour, je n’étais sortie qu’avec la jolie tunique décorée de motifs fleuris d’inspiration orientale. J’avais remonté mes cheveux en un chignon désordonné, négligé les chaussures que la vendeuse voulait me faire acheter et j’étais partie pieds nus, vêtue à la dernière mode.


Dernière édition par Jubilee F. Drayton le Jeu 12 Fév - 23:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jubilee's Lullaby For Troubled Children   Jeu 12 Fév - 13:24




    Les années ’20, le Charleston et la garçonne, les music hall et les bars de jazz…Les années folles. Ce chapitre de ma vie est particulièrement intéressant puisque c’est l’époque où j’ai rencontré mon bien-aimé Dorian. Après presque dix ans d’errance solitaire, de chasse violente et de tentative de contrôle, j’avais réussi à redevenir une femme. J’avais soigneusement évité tout contact avec les couples de vampire, avais côtoyé quelques célibataires sans importance, mais la vie en ville me manquait étrangement. C’est pourquoi en 1926, je prenais la décision de retourner vers l’Ouest et d’établir une vie à Paris. Je me faisais appeler Justine Desroseaux, une jeune femme d’à peine 20 ans. Selon mon histoire, mes parents étaient décédés dans un accident et je vivais présentement avec l’argent qu’ils m’avaient légué. Mon contrôle était assez puissant pour que je puisse vivre en société. J’étais une femme célibataire, mignonne et on m’appréciait pour mon excentricité. Alors que les femmes portaient des robes neutres et un brin masculines en plein jour, je revêtais les robes du soir en taffetas, velours ciselés, recouvertes de mousseline, décorées de rubans…Mes longues jambes mettaient en valeur des bas fantaisistes brodés de paillette et mes longs cheveux bouclés étaient retenus des barrettes en strass, agencées à mes chaussures à talons strassés qui brillaient de milles feux. Et je ne sortais jamais sans une ombrelle garnie de dentelle. Le premier mot français que j’entendais à mon arrivée en France était « rouge ». C’était un soir, je venais d’arriver à Paris et mon organisme n’en pouvait plus : les flammes de la faim brûlaient dans ma gorge depuis une bonne heure. Un sourire forcé aux lèvres, j’approchai le premier homme à ma portée et, bras dessus bras dessous, je l’entraînai dans la première ruelle. Il n’eut le temps de voir que mes yeux scintillants de désir et le seul mot qui lui échappa au même moment que sa vie fut « rouge ». Rouge comme mes yeux, rouge comme son sang…Rouge comme la bourse en velours que je lui volai pour aller faire du shopping. Ma rencontre avec Dorian eut lieu quelques semaines plus tard, en plein jour.


    Je portai la robe scandaleuse de l’époque, la Ford de Chanel, la fameuse petite robe noire de la collection Coco Chanel. Coupe droite, manche longue, s’arrêtant aux genoux, un symbole d’élégance qui faisait à la fois fureur et horreur à la population des années folles. Pour cacher l’éclat de mes longues jambes dans le soleil, j’avais enfilé de longs bas noirs qui s’accordaient parfaitement à ma robe et mes pieds s’étaient gracieusement glissés dans des bottillons de cuir noir. De fins gants blancs couvraient mes mains, un long manteau en tweed s’agençait à ma tenue, une petite bourse du même matériel contenait le tube de rouge « Ne m’oubliez pas » acheté plus tôt cette semaine, le mascara qui épaississait mes longs cils, la poudre grisâtre qui couvrait mes paupières…J’étais une vraie femme malgré ma nature. Enfin, pour éviter la lumière d’atteindre mon visage, je tenais au-dessus de ma tête une ombrelle de nylon noir. L’homme qui m’accompagnait était un autre de ces hommes de la haute société qui cherchait une épouse jeune et belle. Ses propos me semblaient si déplacés que j’avais décidé de ne pas lui laisser la chance de gâcher la vie d’une fillette. Il devait m’amener dans un cabaret le soir même, mais j’ignorais encore si je lui en donnerais le temps. Nous marchions dans les rues du quartier de Montparnasse, mon bras reposant sur le sien. Soudainement, l’odeur du sang et de l’eau de Cologne fut surpassée par le doux parfum de l’un de mes semblables, qui paraissait n’être qu’à quelques pas. Mon regard chercha distraitement le vampire et je l’aperçus, alors qu’une brise secouait mon ombrelle et faisait valser ma robe et mes cheveux. Nos regards rouges se croisèrent. C’était un homme délicatement musclé, portant des chaussures cirées, un costume trois pièces à fines rayures, un long trench-coat noir et un Fedora assorti au reste de sa tenue. Le col de son manteau était remonté sur les bords de son menton et son chapeau était porté bas, ne laissant entrevoir que très peu de son visage. C’était décidé. Ce soir, j’irais danser. Mais pas avec ma victime. J’irais avec cet élégant vampire. C’est d’ailleurs ce qui arriva, je tuais l’homme qui m’accompagnait et rejoignait Dorian, qui se présenta à moi en embrassant ma main gantée. Le taffetas et le strass furent de mise le soir venu, je caressais innocemment le châle de fourrure qui recouvrait mes épaules. Mon nouvel ami se tenait tout près de moi, son regard sombre posé sur ma personne attirant des airs interrogateurs dans notre direction. Les yeux suivaient sa silhouette imposante qui contrastait avec la mienne, frêle et svelte. Notre soirée s’était terminée avec quelques invités à son domicile, invités qui avaient fini la nuit sous un carré de terre dans le jardin. À partir de ce moment, nous étions inséparables. Je n’avais pas la certitude d’avoir trouvé l’âme sœur, seulement le sentiment d’être tombée sur un compagnon de voyage aussi bien qu’Adrian.


    Ensemble, nous avons profité des années folles à Paris, dans les cabarets. Dorian ayant une façon particulière de voir le temps, il raconte aujourd’hui que nous n’avons passé ensemble que quelques mois, mais je sais que nous sommes restés jusqu’au crash boursier de 1929. Les années folles se sont terminées, les femmes sont devenues des mères et j’ai abandonné Paris avec mon compagnon. Dorian était amusé, moi ravie, et dans ma hâte de quitter la France je laissais derrière moi mes robes élégantes et enfilais ce que j’avais de plus léger : une chemise de nuit en percale, garnie de dentelles et retenue sur mes épaules par deux fines bretelles. Je décidais aussi de partir pieds nus parce que les chaussures auraient été encombrantes. Dorian avait gardé son beau costume rayé et ses chaussures cirées, insistant avant de partir que j’enfile son veston pour me couvrir un peu. C’était un rabat-joie en 1929. Nous avons quitté le pays : je gambadais comme une fillette, à une vitesse qu’aucune fillette de ce monde ne pouvait atteindre, et mon ami me suivait quelques pas derrière sans se presser. Il promettait de me présenter ses amis du monde entier; je devais par contre accepter de porter autre chose qu’une chemise de nuit. Les années folles étaient peut-être révolues mais ça ne m’empêcha pas d’avoir quelques folles nuits dans les bras de Dorian. Nous vivions dans la forêt, à même les arbres, abandonnant parfois nos habits l’instant d’une baignade dans un lac ou une rivière. C’était le bon temps.
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